La biodiversité

Continent Science hier matin sur France Culture avec Robert Barbault, professeur à l'université Pierre et Marie Curie, directeur de l'Institut d'Ecologie fondamentale et appliquée et Directeur adjoint du département des sciences de la vie du CNRS. Un exposé très clair et passionnant sur la biodiversité.

Dans le dernier siècle, on a vu disparaître autant d'espèces (20 à 25 %) que du néolithique au début de la révolution industrielle. Dans un processus normal, une espèce disparaît chaque siècle sur notre planète. Depuis le réchauffement, nous voyons 260 espèces disparaître tous les cent ans...
Le plus important est d'arrêter la surconsommation qui est le plus grand problème de nos sociétés occidentales. Il faut aussi se poser la question du développement des pays tropicaux et reconsidérer nos moyens de développement face aux problèmes de l'énergie ou ceux de la biodiversité. On sait par exemple que, lors de la construction du pont de Normandie, qui a affecté la faune de la Baie de Seine et en particulier les oiseaux, le cahier des charges a imposé au constructeur, sous la pression des associations écologistes, de reconstituer les roselières, fondamentales pour la nidification des espèces.
L'UNESCO a engagé un programme pour créer dans 95 pays, 444 réserves de biosphère dont les objectifs sont de promouvoir la préservation de l'environnement et un développement durable fondé sur la participation locale. Ces réserves associent des publics variés (élus, associations écologistes, de pêcheurs,...) qui débattent sur la coexistence de leurs activités et de la protection des éco-systèmes.
Par exemple, "la Réserve de biosphère du Golden Gate constituait lors de sa création un précédent unique. C’était en effet, à l’époque, la seule à englober les ressources des zones marines, côtières et montagneuses avoisinant une grande ville, permettant ainsi aux habitants de la zone métropolitaine de la baie de San Francisco d’avoir facilement accès à des activités éducatives et des loisirs de plein air. Depuis, d’autres villes ont suivi cet exemple et plusieurs métropoles et capitales de par le monde, dont Canberra, Cape Town, Istanbul et Rome, s’intéressent à la mise en pratique du concept de réserve de biosphère de l’UNESCO. Dans la Réserve de biosphère de la ceinture verte de Sao Paulo, l’UNESCO encourage la formation aux emplois écologiques des jeunes habitants défavorisés de la ville dans des domaines comme la gestion de l’eau, le recyclage et l’écotourisme." (intervention de M. Koïchiro Matsuura, directeur général de l'UNESCO)
Les scientifiques savent qu'il existe sur notre planète un million à un million et demi d'espèces mais ne prétendent vraiment en connaître que quelques milliers. Il est donc important de développer une meilleure connaissance des éco-systèmes et pour cela, d'abattre les frontières qui séparent les différents domaines scientifiques. Le vivant, et donc aussi l'homme, a besoin de toutes les spécialités du savoir scientifique comme des savoirs traditionnels. Dans la "spirale d'apprentissage", les échanges de pratiques, de connaissances induisent de nouvelles connaissances. Il est souvent considéré que l'homme est nuisible pour son environnement et que ses activités sont la cause de la destruction d'éco-systèmes fragiles. Ce n'est pas toujours le cas. Sur l'île des Glénans, par exemple, on s'est aperçu que le fauchage des prés de narcisses participait de la sauvegarde de cette plante qui a besoin, pour continuer son développement, d'être coupée à la fin de sa floraison.
A quoi sert la biodiversité sur notre planète ? C'est une stratégie d'adaptation au changement parce que les conditions de vie évoluent en permanence. C'est aussi une assurance sur les changements futurs. Nous sommes en permanence confrontés à la dynamique du changement et nous devons conserver une capacité d'évolution. Chaque espèce a un caractère précieux, une particularité qui permet de répondre à un problème particulier. On le voit bien dans l'imbrication et l'interdépendance des espèces. Ignorants de quoi sera fait l'avenir, nous devons maintenir cette biodiversité pour répondre à tout problème qui se présentera. L'ethno-diversité, qui implique une multiplicité des modes de vie, permet également un bon fonctionnement de la nature et de la planète.
Nous devons avoir une éthique de la co-évolution. L'homme a des devoirs vis-à-vis des phénomènes du vivant. C'est un enjeu pour l'avenir qu'il le comprenne.

Vos commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Cet article ne peut faire référence à d'autres publications.

Commenter cet article

Cet article ne peut être commenté.

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://unblogpourdeux.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Artistes et célébrités