Rapport sur l'effet de serre de la mission parlementaire
Petit papillon (presque) apprivoisé...
Le rapport ici. Et là les auditions des scientifiques
Au terme des travaux de notre Mission, après 45 auditions ou tables rondes et près de 200 personnes entendues, et des déplacements au siège de la Commission européenne, en Espagne, en Grande Bretagne, aux Etat-Unis, en Inde, tous les députés, membres de la mission parlementaire, partagent une même conviction, le changement climatique constitue la plus grande menace du XXIe siècle. Il est donc non seulement nécessaire d’agir, mais il faut agir vite, car si le XXIe siècle connaîtra certainement une stagnation dans la consommation du pétrole, puisque les réserves en énergie fossile vont s’épuiser, dans le même temps les émissions de CO2, ainsi que la température, continueront à augmenter. Nous voulons donc d’abord, collectivement et toutes tendances politiques confondues, lancer un cri d’alarme.
Le lac de Serre-Ponçon
Le climat est en train de changer. Cela est du aux activités humaines. Pourquoi ce réchauffement qui renforce les contrastes climatiques ? Entre la Nature et l’Homme, les scientifiques ont tranché : il est démontré que la responsabilité incombe aux activités humaines. L’illusion de l’abondance énergique nous a fait mener une politique de l’autruche. En six générations, les pays développés auront dilapidé la moitié des réserves d’énergies fossiles de la terre. Or ces gaz, émis lors de la combustion fossile sont dispersés dans l’atmosphère, piègent la chaleur dans notre espace vital, terrestre ou aérien, comme les vitres d’une gigantesque serre, au lieu de la laisser rayonner et s’évanouir dans l’espace.On ne pourra plus dire, comme pour l’amiante, « on ne savait pas ». Au cours du XXe siècle, la température moyenne de la planète s’est élevée d’environ 0,6 degré et celle de l’Europe a augmenté de plus de 0,9 degré. Les travaux de la Mission ont permis de mettre en lumière les effets déjà perceptibles, notamment en France, des changements en cours : sur les précipitations, les périodes de sécheresse, l’enneigement et les glaciers, les peuplements forestiers, la biodiversité. Ils ont également mis en lumière l’implication spécifique de l’Outremer. Et l’on sait que, comme toujours, les plus faibles et les plus démunis sont en première ligne par rapport aux conséquences du changement climatique, chez nous, mais aussi dans les pays en développement. Cela a malheureusement été le cas lors de la canicule en 2003.
La grande astrance
une fleur discrète...
... si discrète que peu de gens ont eu la chance de la voir en passant à côté, dommage, non ?
Si l’on n’est pas capable, à l’avenir, de faire bouger les lignes et de modifier radicalement nos modes de production et de consommation, d’inventer une économie sobre en carbone, on ira droit dans le mur. Le changement climatique porte en germe la menace de catastrophes majeures. Les scenarii pessimistes du Groupement d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC), qui correspondent à une ligne de laisser faire, montrent que les hausses de température pourraient atteindre près de 5°C d’ici la fin de ce siècle en France. Cela signifie qu’en 2056 nous connaîtrons des canicules à répétition de même ampleur que celle que l’on a connue en 2003. Or en 2056, mon petit-fils aura 50 ans. C’est donc demain. Trois facteurs spécifiques caractérisent ce réchauffement de la planète :– il est extrêmement rapide à l’échelle des quatre milliards d’années de l’histoire de la vie sur terre. Jamais nous n’avons connu de tels écarts. 100 ans par rapport à l’histoire de vie sur Terre, c’est comparable à l’écart qui sépare l’atome de la fourmi ;
– les émissions du gaz à effet de serre, responsables du réchauffement ont un effet immédiat sur toute l’atmosphère qui entoure la Terre. Les émissions des Américains concernent tous les habitants de la planète ;
– l’inertie de la Terre et de la masse des océans est importante. Les effets de notre insouciance d’aujourd’hui continueront à se faire sentir pendant des siècles. Les erreurs d’aujourd’hui se paieront demain et après-demain. M. Robert Kandel, directeur de recherche au CNRS indiquait au cours d’une audition que « le réchauffement prévisible de 5°C au cours du XXIe siècle est équivalent à celui qui a mis fin aux glaciations, il y a 15 000 ans, la différence étant que ce qui avait pris plusieurs milliers d’années va prendre cette fois moins d’un siècle et c’est bien là le problème. ». Il rajoutait que « un degré, c’est vivable, quoique parfois pénible. Avec 3°C les choses deviennent vraiment difficiles, avec des changements vraiment importants dans de nombreux aspects de la biosphère. Au-delà, on va vers des changements plus radicaux et on est alors entre le très difficile et le catastrophique. » Le glaciologue Jean JOUZEL poursuit : « N’oublions pas que 3°C, c’est une variation représentant la moitié du changement global que la terre a connu à l’âge glacière, époque où la calotte polaire descendait jusqu’au Nord de la France, et après laquelle il a tout de même fallu cinq mille ans pour que la température remonte de 4 ou 5 degrés… » C’est, sans alarmisme excessif, le devenir même de l’humanité qui est mis en cause.
On savait depuis longtemps que la dégradation de l’environnement
faisait peser de graves menaces, mais c’est la première fois que d’une façon très
concrète l’humanité est confrontée, dans sa conscience collective, à la réalité d’un
monde fini, qui se dégrade.On parle souvent de facteur quatre. Ce concept s’explique simplement. Pour maintenir la hausse des températures à 2°C, ce qui est un niveau considéré supportable, la communauté internationale pense qu’il est nécessaire de diviser globalement les émissions par deux au plan mondial, ce qui implique une division par quatre pour les pays industrialisés.
Cet objectif de réduction des émissions doit absolument être tenu. C’est possible, mais il ne faut pas se cacher que ce sera difficile. Diviser par deux les émissions de CO2 implique en effet de ramener la moyenne mondiale d’émissions au niveau actuel d’un Indien. Il faut le dire haut et fort pour que chacun mobilise ses efforts.
partir à 6 heures dans le petit matin FRAIS...
Nous avons une responsabilité majeure vis-à-vis des générations futures. Cette expression est souvent employée sans réelle pertinence. C’est malheureusement celle qui convient aux conséquences majeures que la planète va connaître du fait du changement climatique. Plus nous agirons tôt pour réduire les émissions, moins difficile sera l’ajustement, et plus nous pourrons en retirer de bénéfices économiques. Ce seront les pays qui auront pris le tournant le plus vite qui en seront les bénéficiaires.Mais force est de constater que, jusqu’à présent, l’action au niveau national comme sur le plan international n’a pas été à la hauteur des enjeux, quelles que soient les déclarations d’intention. Le protocole de Kyoto est un pas important et positif – c’est la première fois qu’au niveau mondial des règles de maîtrise de la nature du développement économique ont fait l’objet d’un accord – mais il s’agit d’une étape encore très insuffisante par rapport à l’objectif de stabilisation du climat...
Par julia, Lundi 22 Mai 2006 à 08:05 GMT+2 dans Ma petite planète (article, RSS)






